haiti et l'anniversaire de la mort du pére joseph

Témoignage, partage conversion. Ma relation au Christ
Louange, bonne nouvelle et intercession.
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Dans la tradition catholique, la prière d'intercession consiste en une demande en faveur d'un autre. Elle ne connaît pas de frontière et s'étend jusqu'aux ennemis, selon le catéchisme de l'Église catholique.
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mandonnaud

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haiti et l'anniversaire de la mort du pére joseph

Ecrit le 11 févr. 2010 09:45

Message par mandonnaud

Mouvement ATD Quart Monde
Délégation générale du Mouvement International
9 février 2010
Chers amis,
« Courage, courage, vous n'êtes pas seuls. - écrit Guillaume, ami de longue date du Mouvement en
Centrafrique aux amis de Haïti - Je fonds en larmes quand je vois ce qu'il s'est passé chez vous.
Nous Centrafricains pensons beaucoup à vous. Si vous étiez proches, on pourrait vous abriter chez
nous ».
Nous continuons à être en lien chaque jour avec les membres du Mouvement en Haïti.
Vous le savez, six d'entre nous sont partis renforcer l'équipe depuis une semaine.
En vous adressant ce que nous avons exprimé lors de la marche du Mouvement du 8 février nous
aimerions aussi partager ce que l'un d'eux nous disait aujourd'hui au téléphone.
« Hier, c'était une journée très spéciale. Pour la première fois depuis la catastrophe l'équipe
réunissait les familles du quartier de manière collective. Il y avait un côté émouvant de se
retrouver comme ça avec tous les gens réunis. On avait mis une grande toile dans la cour pour
se protéger du soleil et on avait décoré les lieux avec les objets apportés de Méry-sur-Oise, les
messages arrivés d'un peu partout dans le monde. La rencontre a commencé par un temps de
prière, ce qui est habituel ici. Ensuite on a fait quelques minutes de silence à la mémoire de
toutes les victimes du tremblement de terre et puis on a chanté. Ensuite, on s'est mis en quatre
groupes pour parler. Les gens ont beaucoup dit où ils étaient le 12 janvier, comment ils ont
cherché leurs enfants, les membres de leur famille. Comment, pour certains, ils ont découvert
leur maison écroulée. Les familles disaient aussi combien les jours où elles ont de quoi faire à
manger, elles partagent avec ceux des environs. Les gens partagent beaucoup de choses. Tout
le monde dort dehors.
Quand on s'est remis tous ensemble, l'équipe a dit ce que le Mouvement a cherché à faire
depuis le 12 janvier, en allant dans les quartiers, en cherchant à prendre des liens avec d'autres
organisations, avec les structures du Gouvernement haïtien pour chercher à ce que l'aide qui
arrive, puisse rejoindre les familles. Elle a parlé de la solidarité qui se manifeste et du projet
de nutrition pour les petits enfants qui est en train de voir le jour en partenariat avec Action
Contre la Faim dans le quartier de Grande Ravine et qui pourrait toucher plus d'un millier
d'enfants. Elle a aussi introduit le fait qu'on avait pu avoir auprès de l'Ambassade du
Venezuela de la nourriture qui serait partagée à la fin, dans les sacs de plastique très colorés
que Saint Jean avait trouvés le matin même.
Et puis Eugen a parlé de tous les membres du Mouvement dans le monde qui s'étaient
manifestés, de tous les messages reçus de partout. Il a raconté combien, peut-être pour la
première fois dans l'histoire du Mouvement avec une telle intensité, tous les membres du
Mouvement étaient unis autour de la peine et du courage des familles en Haïti. Il a terminé en
disant : nous sommes ensemble aujourd'hui, nous serons ensemble toujours. Et puis on a
chanté, c'était très beau. Pendant que l'on chantait, les volontaires haïtiens, Saint Jean,
Nerline, Rosanna, Yannick, Louisamène, Mogène, Marie Ange, qui ont organisé la journée
avec une attention extraordinaire aux détails, qui ont habillé les lieux, ont remis à chaque
famille un sac de nourriture. C'était tout, sauf une distribution. C'était une réunion et à la fois
une rencontre d'amis, où les amis qui sont au loin pensent aux amis qui sont ici et partagent
avec eux des pensées, des paroles, et aussi des choses concrètes qui permettent la vie.
A la fin, Jacqueline et David ont passé du temps avec un groupe de personnes que nous ne
connaissions pas et qui de ce fait n'avaient pas été invitées à la rencontre. Un groupe de jeunes
et d'enfants et un groupe de femmes qui avaient attendu des heures à la porte pour essayer
d'obtenir quelque chose, avec patience, et par moments avec colère. Ils les ont invités à entrer,
à s'asseoir, ils ont parlé avec eux. Et puis ils leur ont donné quelque chose, des biscuits, un
peu de lait, mais dans une relation qui était complètement autre. Jacqueline me disait après : le
pire c'est l'humiliation. On ne peut pas renvoyer chez eux sans rien des gens qui passent trois
heures devant la porte, c'est impossible. On ne peut pas non plus rentrer dans une distribution
avec tous ceux qui arrivent à la porte sinon dans deux heures il y aura trois cent personnes
devant la porte. Il faut prendre le temps et quand c'est le moment faire rentrer les gens comme
on fait rentrer des amis, prendre le temps avec eux. Alors, ils repartent en sentant qu'on a pris
ce temps avec eux, qu'ils ont été accueillis. On n'a pas le droit de faire que leur demande se
transforme en humiliation ».
Il y a presque un mois, la terre tremblait en Haïti. Depuis, les Haïtiens ont dû faire face à tant de
choses, se mobiliser sans répit pour sauver des vies, continuer à bâtir la vie malgré tout. Ils n'ont pas
pu s'arrêter et ils nous disent : « nous avons besoin que le monde se mobilise avec nous pour nous
aider, mais aussi pour pleurer avec nous ».
Le Gouvernement haïtien a proposé que les 12, 13 et 14 février soient des journées de deuil
national. Cherchons, chacun où nous sommes, selon nos contextes quels gestes poser ces jours-là
pour être en lien avec Haïti mais aussi avec tous ceux qui font face chaque jour à l'injustice.
En Haïti, l'équipe voudrait que chacun de ses membres puisse s'arrêter un peu, pour vivre un
moment de répit, aller enfin revoir sa famille, ce que certains n'ont pas encore pu faire tellement ils
ont été pris jour et nuit, participer à des temps collectifs de prière ou de jeûne, retrouver les familles
des quartiers et rejoindre avec elles ce qui se vivra au niveau du pays. Les familles demandaient :
« que ferons-nous cette année, pour le 14 février ? » En Haïti, chaque année les membres du
Mouvement marquaient par un rassemblement cette date anniversaire de la mort du Père Joseph.
Cette année, ils ont décidé de se retrouver dans un lieu significatif pour le pays, au Champs de
Mars, devant le Palais National, avec beaucoup de leurs frères haïtiens.
Peu de temps avant de mourir, le Père Joseph nous a laissé « Les strophes à la gloire du Quart
Monde de tous les temps », dans lesquelles il dit : « Ce n'est pas votre mort que j'évoque aujourd'hui
(…) c'est de votre vie dont je témoigne ». Voilà qui pourrait guider notre façon de vivre ces journées
: mettre entre nous ce que tant d'enfants, de jeunes, de femmes et d'hommes ont apporté d'unique et
de précieux pour rendre notre monde plus humain. Au Centre international du Mouvement, par
exemple, nous nous retrouverons le 12 février autour du Cèdre, porteur des terres de nos vies. Peutêtre
pourrions-nous aussi être attentifs à rejoindre là ou nous vivons, des communautés,
associations, voisins haïtiens pour communier à leur peine et leur témoigner notre amitié...
Cela donne de la force de savoir que les uns et les autres continuent à organiser des rencontres chez
eux, dans des lieux du Mouvement, et ailleurs, pour lire ensemble ces nouvelles et continuer à lier
notre quotidien à Haïti.
Il nous faut chercher les moyens, y compris les moyens financiers, pour pouvoir soutenir l'action et
la présence du Mouvement en Haïti dans la durée. Merci de continuer à en parler autour de vous et
de proposer à vos amis, vos relations, d'aller sur le site du Mouvement.
Avec Eugen à Port-au-Prince,
Diana et Isabelle

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Re: haiti et l'anniversaire de la mort du pére joseph

Ecrit le 23 févr. 2010 04:48

Message par mandonnaud

La vie du P. Wrezinski dénonce notre indifférence face à la misère
Homélie de Mgr Sanchez de Toca y Alameda

ROME, Jeudi 18 février 2010 (ZENIT.org) - La vie du P. Wresinski est une vraie « dénonciation de notre indifférence, de notre résignation face "à la fatalité de la misère" », affirme Mgr Sanchez de Toca.

L'anniversaire de la mort du P. Joseph Wresinski, rappelé par Dieu le 14 février 1988, et dont la cause de béatification a été introduite au Vatican, a été marqué à Rome par une célébration eucharistique présidée par le sous-secrétaire du Conseil pontifical de la culture, Mgr Melchor Sanchez de Toca y Alameda, à Saint-Jean-du-Latran, samedi dernier, 13 février.

Le parvis des droits de l'homme

Chaque 17 octobre, le parvis de la basilique du Latran - cathédrale des papes - est en effet à Rome le lieu de rassemblement des membres et des amis de la fondation lancée par le P. Wresinski (12 février 1917 - 14 février 1988).

C'est là que, pendant l'Année sainte, le 15 octobre 2000, le cardinal Roger Etchegaray a inauguré une dalle analogue à celle du « Parvis des Droits de l'Homme », au Trocadéro, à Paris (où il s'était rendu), sur le parvis de la basilique du Latran, au nom de Jean-Paul II.

Cette « Dalle à l'honneur des victimes de la misère », a été scellée à Paris le 17 octobre 1987, avec ces paroles : « Le 17 octobre 1987, des défenseurs des droits de l'homme et du citoyen de tous pays se sont rassemblés sur ce parvis. Ils ont rendu hommage aux victimes de la faim, de l'ignorance et de la violence. Ils ont affirmé leur conviction que la misère n'est pas fatale. Ils ont proclamé leur solidarité avec ceux qui luttent à travers le monde pour la détruire. Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l'homme sont violés. S'unir pour les faire respecter est un devoir sacré. Père Joseph Wresinski. »

Et cinq ans après, en 1992, les Nations unies ont reconnu officiellement la Journée du 17 octobre comme « Journée mondiale du refus de la misère ».

Le pape Wojtyla a voulu que l'inscription du Trocadéro soit inscrite au Latran, et il a ajouté personnellement : « Jamais plus de discrimination, d'exclusion, d'oppression, de mépris des humbles et des pauvres ».

Une voix prophétique

Vingt-deux ans après le départ du fondateur du Mouvement ATD-Quart monde, il est en effet clair qu'il demeure « la voix prophétique des plus pauvres », a souligné Mgr Sanchez en commentant les lectures du VIe dimanche du Temps ordinaire, l'Evangile des Béatitudes, selon saint Luc.

« Heureux les pauvres »: c'est, explique Mgr Sanchez, « l'Evangile des laissés pour compte, de ceux qui appartiennent à l'Ordre sacré des Malheureux, l'Evangile des Perdants: les pauvres, ceux qui ont faim, ceux qui pleurent et qui sont détestés, méprisés, ignorés ».

« Les Béatitudes de Jésus, insiste Mgr Sanchez, ne sont pas une proclamation abstraite, mais une annonce adressée directement aux pauvres : à vous, les pauvres. Et c'est aussi une annonce de libération, une bonne nouvelle. C'est ainsi que s'accomplit la prophétie d'Isaïe : aux pauvres est annoncée la Bonne nouvelle. L'écho de ce message est facilement perceptible dans les paroles prononcées par le P. Wresinski au Trocadéro à Paris, le 17 octobre 1987, quelques mois avant sa mort :

« Je témoigne de vous, pauvres de tous les temps,

et encore d'aujourd'hui,

happés par les chemins,

fuyant de lieux en lieux, méprisés et honnis.

« Travailleurs sans métier,

écrasés en tout temps par le labeur.

Travailleurs dont les mains, en ces jours,

ne servent plus à rien.

« Je témoigne de vous, mères / dont les enfants condamnés à la misère / sont de trop en ce monde.

« Je témoigne de vos enfants / tordus par les douleurs de la faim, / n'ayant plus de sourire, / voulant encore aimer.

« Je témoigne de ces millions de jeunes / qui, sans raison de croire, ni d'exister, / cherchent en vain un avenir / en ce monde insensé ».

Les pauvres et l'Eglise

Pour Mgr Sanchez, la vie du P. Wresinski a été une vie « dépensée pour la défense de la dignité de ces frères les plus pauvres : il avait senti l'appel de Dieu à se faire l'un d'eux, et il a voulu réfléchir à cette vocation dans sa devise sacerdotale, "Avance en eau profonde et jette les filets", "duc in altum", loin de la rive, loin de la sécurité, de la protection et des commodités d'une existence sacerdotale ordinaire ».

Car, ajoute-t-il, le P. Joseph Wresinski « se sentait appelé à faire découvrir la dignité personnelle, la dignité des enfants de Dieu, de nos frères : un attachement sans limite à Jésus Christ Sauveur, comme point de départ pour "restituer les plus pauvres à l'Eglise et l'Eglise aux plus pauvres", une Eglise qu'il voyait dans l'attitude de prière silencieuse et immobile de sa mère dans la forge désaffectée où ils habitaient étant enfants. »

Et de souligner que pour le fondateur, « partager sa vie avec les pauvres n'était pas une façon pour lui de résoudre un problème économique ou social, pour éliminer des poches de misère autour de nos villes simplement parce qu'elles ne sont pas belles, ou parce qu'elles constituent une menace pour l'ordre public, ou pour la santé, ou parce que ce sont des facteurs potentiels de désordres sociaux. Il s'agissait pour lui d'aider à redécouvrir la dignité dont chaque homme et chaque femme, même dans la situation de misère la plus abjecte, est cependant toujours porteur, parce qu'ils sont des enfants de Dieu. Redonner la dignité aux plus pauvres parce que « là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l'homme sont violés. S'unir pour les faire respecter est un devoir sacré ». »

Le refus de la misère

Aujourd'hui, la vie du P. Wresinski est une vraie « dénonciation de notre indifférence, de notre résignation "à la fatalité de la misère" », a conclu Mgr Sanchez de Toca.

Le 17 octobre est désormais célébré dans de très nombreux pays, et notamment dans beaucoup de pays francophones : France, Belgique, Suisse, Canada, de nombreux pays d'Afrique, au Liban... Et des répliques de la dalle du Trocadéro ont été inaugurées ces dernières années au Burkina Faso, à l'Ile Maurice, au Québec, en Belgique.

L'un des objectifs de la Journée du refus de la misère est de « donner la parole aux plus pauvres, d'entendre ce qu'ils ont à dire, non seulement par rapport à la pauvreté et à la manière de la combattre mais au sujet de la paix, de la justice, de l'avenir du monde, des sociétés », a confié Jean Tonglet à Zenit : « Cette attitude d'écoute est quelque chose que le 17 octobre veut promouvoir pour que nous puissions ensuite la vivre jour après jour ».

La cause de béatification

Le P. Marc Leclerc, postulateur de la cause de béatification du P. Joseph Wresinski a pour sa part indiqué que l'enquête diocésaine, ouverte à Soissons le 19 mars 1997, s'est conclue en 2003. Les 20.000 pages du dossier ont été apportées, dûment scellées, à la Congrégation romaine pour les causes des saints.

Elles ont été reliées en une soixantaine de volumes, qui ont été examinés par la juriste chargée de ce travail par ce dicastère. « Depuis lors, nous avons reçu le décret de validité de la part de la Congrégation, un Relateur a été nommé, le P. Hieronim Fokcinski sj, et ainsi s'est ouverte officiellement la phase romaine de la procédure », a indiqué le P. Leclerc.

Anita S. Bourdin

paul de LIMOGES
Jésus est infiniment misericordieux

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